Du Chaos aux Hommes en passant par les Titans, Dieux, Héros, Nymphes, Gorgones, Géants, Cyclopes, Hécatonchires et autres Monstres, selon Hésiode

Pyrame et Thisbe

À la fois belle et triste, cette histoire d’Amour n’est pas sans en rappeler d’autres, plus contemporaines. Pour être clair et éviter toute confusion, Thisbé c’est la nana et Pyrame le mec. C’est pas forcément évident!

Ces deux amants en devenir vivent à Babylone, dans une cité où les maisons sont tellement serrées qu’elles partagent toutes au moins un mur. Un grosse ville, plus prosaïquement. Dans deux maisons mitoyennes, vivent Pyrame et Thisbe, chacun dans leur famille respectives, chacun dans leur foyer. Ils sont tous deux amoureux mais ne peuvent rien partager, pas un moment d’intimité, des amoureux empêchés par leurs familles respectives… Et comme d’habitude, tien de tel pour donner  une énergie démentielle aux amants privés.

Grâce à cette puissance décuplée par cet Amour impossible, les Amoureux, en quête de partage et d’échange, pour rester correct, découvrent dans le mur mitoyen une fissure, infime mais suffisante pour leur laisser la liberté de se murmurer des mots doux. Genre ” t’es vraiment super bonne, t’as super beau petit cul” ou encore “J’ai trop envie de sentir ton gros …” Etc. Dialogues d’amoureux en sommes, mais toujours au travers de ce mur infranchissable autrement que par les chuchotements. Plus le temps et les discussions passent, plus l’envie de se voir prend le dessus, histoire d’aller un peu plus loin que les chuchoti-chuchota, parce que c’est sympa cinq minutes, mais un peu plus de concret s’impose!

C’est alors qu’ils décident de braver l’interdit familiale en se fixant un rendez-vous, certainement dans la ville, sous un murier blanc… Le jour venu, alors que les murmures au travers de la fente murale montent en pression et en température, l’excitation à son comble, Thisbe se rend au lieu du rendez vous, arrive en avance, la nuit est tombé, et l’angoisse prend le pas sur l’excitation… Elle entend alors des bruits menaçants, venant d’assez près, comme un fauve qui dévore une proie. Assez moyennement rassurant.

Un lion qui s’est goinfré un mouton se rapproche alors de Thisbe. Elle prend peur, s’enfuie en laissant tomber son châle blanc. Le lion se jette alors sur cette proie factice, la macule de sang et l’abandonne pour aller vaquer à ses occupations de lion… C’est alors que Pyrame, à la bourre, comme tout les mecs finalement, arrive au fameux lieu de rendez vous. Il cherche sa nana du regard, aperçoit une forme blanchâtre posée sur le sol. Il s’en approche et reconnait dans les lambeaux de tissus sanguinolents le châle de son amoureuse. Il ne conclue rien d’autre que la mort de son aimée, dévorée par quelque connard de prédateur.

Dévasté par la tristesse et par cet enculé de lion qui aurait bouffé son aimée alors qu’il s’attendait à se la bouffer lui, mais dans un autre sens, il dégaine alors son épée et de tristesse se l’enfonce dans le flanc, désespéré,pensant qu’il ne lui reste plus qu’à appeler la mort pour rejoindre Thisbe…

C’est alors que sur le chemin du retour Thisbe se ravise et revient sur ses pas en se disant qu’elle a été conne et qu’elle aurait du attendre encore un peu, se cacher, prévenir Pyrame à son arrivée, peut être qu’elle est partie un peu vite se dit-elle, qu’elle aurait du attendre, … et si le lion était revenu sur ses pas… L’inquiétude grandit, le pas s’accélère. Elle se rapproche, arrive près du murier, voit son Amoureux gisant au sol dans une flaque sombre, le prend dans ses bras pour assister à son dernier souffle. Dévastée à son tour par le chagrin, elle retourne l’épée contre elle.

Les mures, baie que l’on connait tous auraient pris leur couleur du fait de cette tragique histoire.

 

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